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Opinion

La semaine en 7 graphiques
Le marché obligataire défie le Trésor américain

Intérêts de la dette publique dans l’OCDE, réserves de change du Japon, PER prévisionnel du S&P 500, corrélation réalisée sur six mois, approvisionnement européen en gaz naturel, évolution du prix de l’iPhone en bitcoins: toute l’actualité financière de la semaine en sept graphiques.

Portrait en noir et blanc d’un homme souriant en veste sombre et lunettes rondes, posant devant un fond texturé.
Charles-Henry Monchau, CIO Banque Syz.

1- Le marché obligataire défie le Trésor américain

Mercredi, le Trésor américain a annoncé tripler ses rachats d’obligations à long terme, à 6 milliards de dollars, et pourtant les rendements ont encore progressé dans la foulée. En clair, le Trésor est passé d’un doublement à un «doublement au minimum», puis à un triplement de ses rachats de titres longs, et les rendements continuent de monter.

Le rendement du Treasury à 10 ans dépasse ainsi 4,85% pour la première fois depuis novembre 2023, en hausse de 15 points de base par rapport à son niveau d’avant l’annonce. Alors que la guerre en Iran se poursuit, le marché obligataire tient littéralement tête au Trésor: le rendement à 10 ans a progressé de près de 100 points de base depuis le début du conflit.

Graphique du rendement du Treasury US à 10 ans montrant une hausse à 4,845%, avec annotations sur les rachats d’obligations du Trésor américain.
Source: The Kobeissi Letter

2- Les intérêts de la dette publique dans l’OCDE dépassent désormais 2000 milliards de dollars par an

S’il est une chose quasi certaine à propos de ce graphique du Financial Times, c’est que ces barres vont continuer de grimper.

Graphique en barres empilées de la charge d’intérêts brute en billions de dollars pour É-U, UE, R-U, Canada, Japon, Australie et autres OCDE de 2008 à 2025, montrant une hausse marquée vers 2025.
Source: Mo El Erian, FT

3- La défense du yen provoque la plus forte baisse mensuelle JAMAIS enregistrée des réserves de change du Japon

Les réserves de change du Japon ont chuté de 94,6 milliards de dollars (-8,7%) en août, à 995 milliards, soit la plus forte baisse mensuelle de leur histoire, sous l’effet des interventions du ministère des Finances pour soutenir le yen.

Sur les quatre mois de mai à août, marqués par plusieurs vagues d’intervention, les réserves ont reculé au total de 174 milliards de dollars, soit -14,9%.

L’essentiel de ce repli provient du portefeuille de titres, composé majoritairement de bons du Trésor américain, qui a fondu de 87,8 milliards de dollars sur le seul mois d’août, à 840 milliards, tandis que les dépôts en devises n’ont reculé que de 6,9 milliards, à 155 milliards. Rien d’étonnant à ce que les États-Unis s’impliquent davantage dans la politique de change japonaise.

Graphique des réserves de change du Japon (2001-2026) en milliards USD, montrant titres (jaune) et dépôts banques centrales étrangères (bleu), pic à 1200 Md$.
Source: Global Markets Investor @GlobalMktObserv Wolfstreet

4- Où est passée la spéculation?

Le nombre de valeurs du S&P 500 dont le PER prévisionnel dépasse 40x est retombé à des niveaux inédits depuis les points bas du Covid et du marché baissier de 2022.

Graphique montrant le nombre de titres du S&P 500 avec un PER prévisionnel supérieur à 40x depuis 2019, actuellement à 27.
Source: The Chart Report, The Compound media

5- Le S&P 500 paraît serein. Sous la surface, il ne l’est pas

La corrélation réalisée sur six mois est tombée à seulement 0,11, un niveau observé deux fois seulement en 25 ans. Une faible corrélation permet aux traders de vendre la volatilité de l’indice, d’acheter celle des titres individuels et d’encaisser l’écart. Mais lorsque les actions se mettent soudain à évoluer de concert, cette position peut se dénouer partout à la fois.

Nous l’avons vu en mars: la corrélation implicite est passée d’environ 15 à 40 en quelques semaines, tandis que l’indice de dispersion de JPMorgan a connu son pire mois depuis 2011.

Le vrai sujet d’inquiétude? Les quatre premiers clients de Nvidia génèrent 44% de son chiffre d’affaires, et ces mêmes méga-capitalisations dominent l’indice, mais leurs corrélations quotidiennes restent anormalement faibles. Ce n’est pas nécessairement le signe d’un krach. C’est en revanche un signal de fragilité.

Un portefeuille peut compter de nombreuses lignes tout en étant bien moins diversifié que ne le laisse penser le nombre de positions. Si l’indice est calme, ce n’est pas parce que rien ne bouge, mais parce que les actions évoluent dans des directions opposées, et cela peut changer très vite.

Graphique de la corrélation réalisée du S&P 500 de 2001 à 2027, avec des points bas notables en février 2007 et janvier 2018.
Source: Thierry, arvy @ThierryBorgeat

6- Le gaz naturel en alerte rouge à mesure que le coussin de sécurité européen s’épuise

L’Europe aborde la saison de chauffe 2026/27 dans sa position la plus vulnérable depuis 2011. Les stocks de gaz de l’UE ne sont remplis qu’à 65%, contre une moyenne de 82% sur cinq ans, bien en deçà de l’objectif européen de 90%. Il ne s’agit pas d’une simple tension liée à la météo: l’Europe aborde cet hiver avec un problème d’approvisionnement structurel déjà bien installé. Les perturbations dans le détroit d’Ormuz ont de fait mis hors jeu le GNL qatari, dont les exportations se sont effondrées d’environ 96%.

Graphique des stocks de gaz de l’UE à 65% de capacité, comparant les niveaux de remplissage annuels de 2022 à 2026 avec la moyenne 2020-2025.
Source: ABN Amro, TME

7- Le prix de l’iPhone en bitcoins au fil des ans

Lors du lancement de l’iPhone 4 en 2010, il fallait 52,79 BTC pour s’en offrir un. Aujourd’hui, le nouvel iPhone 18 ne coûte que 0,02 BTC.

Infographie comparant le prix en Bitcoin d’un iPhone: 52,79 BTC pour l’iPhone 4S en 2011 contre 0,02 BTC pour l’iPhone 18 en 2026.
Source: Bitcoin Magazine @BitcoinMagazine